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FILMS / CRITIQUES Lituanie

Critique : The Lawyer

par 

- Le nouveau film de Romas Zabarauskas est le premier titre balte à explorer le thème de l'amour homosexuel masculin

Critique : The Lawyer
Doğaç Yıldız dans The Lawyer

Le troisième long-métrage du réalisateur et activiste LGBT+ lituanien Romas Zabarauskas, The Lawyer [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, devait faire sa première mondiale au festival BFI Flare de Londres la semaine dernière, après sa présentation au Marché du film européen de Berlin en février. Son lancement officiel a cependant dû être repoussé après que l’événement ait été remanié pour devenir entièrement numérique, compte tenu de la pandémie du Coronavirus. Nous avons toutefois eu la chance de découvrir en avance ce nouveau film de Zabarauskas. Les travaux précédents du jeune réalisateur (We Will Riot, You Can’t Escape Lithuania et son premier court-métrage, Porno Melodrama) abordaient déjà le sujet de l’amour queer. Ils ont été très bien accueillis sur le circuit des festivals européens.

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L’histoire de The Lawyer, scénarisé par le réalisateur lui-même, tourne autour de Marius (incarné par Eimutis Kvosciauskas), un avocat d’affaires qui vit à Vilnius et passe ses journées à taquiner ses amis et à pourchasser de jeunes amants. La mort de son père, que Marius ne voyait plus depuis longtemps, le secoue fortement, et il se retrouve à entamer une relation inattendue avec un garçon qui travaille sur les sex cams, Ali (interprété par l’acteur turc Doğaç Yıldız), un Syrien coincé dans le camp de réfugiés de Krnjaca à Belgrade. Le film commence par suivre une journée de la vie de Marius, un homme avec un bon métier qui a un style de vie confortable et chic et un entourage sympathique. Après avoir organisé chez lui un dîner avec des amis, il allume son ordinateur et se lance dans un video chat avec l’autre personnage principal du film, Ali. Cette rencontre marque le début de leur douloureuse histoire d’amour.

Les prestations des deux acteurs principaux sont solides, crédibles et incroyablement délicates. C’est peut-être la plus belle qualité du film, avec son scénario intéressant et son excellente réalisation, qui compose une atmosphère unique, pleine de mélancolie et de fragilité. La mise en scène est toujours nette, presque minimaliste, et elle stylise de manière efficace le thème principal du film, à savoir l’histoire d’amour compliquée entre Ali et Marius. Tout au long du film, l’univers autour des deux amants sert à la fois de toile de fond et d’obstacle. Petit à petit, il devient la métaphore de leur isolement et de leur marginalisation à une époque et à un endroit (la Serbie aujourd’hui) où être "différent" demeure problématique.

Souvent, le réalisateur choisit de mettre en scène des moments d’intimité avec des silences éloquents et des dialogues minimaux. C'est résolument un choix pertinent qui enrichit la narration et maintient le film en dehors de sentiers déjà battus. De plus, la musique élégante composée par Ieva Marija Baranauskaite et la photographie de Narvydas Naujalis rehaussent la dimension intime et poétique de cette histoire d’amour.

Globalement, ce film, avec ses superbes choix de réalisation, parvient à raconter une histoire nouvelle et intéressante sur la diversité tout en se tenant à l’écart des effets rhétoriques. Ce film dramatique de Zabarauskas est un bon présage pour l’avenir du cinéma lituanien.

The Lawyer a été produit par le réalisateur pour la société lituanienne Naratyvas. Ses ventes internationales sont assurées par l’enseigne française Wide Management.

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(Traduit de l'anglais)

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