email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

TRIBECA 2020

Critique : Banksy Most Wanted

par 

- Un parcours solide mais fonctionnel de l'histoire du héraut du street art le plus connu du monde, par les co-réalisateurs français Aurélia Rouvier et Seamus Haley

Critique : Banksy Most Wanted

Nous fallait-il vraiment un autre documentaire sur Banksy ? Le public a déjà été sursaturé d'articles, de films et de conversations sur le graffeur le plus connu du monde de l'art contemporain. À tel point qu'on a du mal à s'intéresser à l'idée de voir une tentative de plus de raconter l'histoire de l'irascible Banksy. Tout le monde ne sait-il pas déjà que ses premiers travaux sont apparus dans les rues de Bristol dans les années 1990 et qu'il est ensuite devenu une superstar en fabriquant toute une aura de surexcitation autour de sa véritable identité. L'idée de débusquer le Clark Kent qui est derrière ce Superman peint à la bombe est au coeur de Banksy Most Wanted [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, des Français Aurélia Rouvier, Laurent Richard et Seamus Haley, sélectionné dans le volet Spotlight Documentary du Festival de Tribeca en ligne.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
series serie

Ce documentaire est un exemple de bon journalisme plus qu'il n'est un acte de cinéma inspiré. C'est un point de départ formidable pour les non-initiés parce qu'il propose un récapitulatif très clair et concis de l'histoire de Banksy, en usant de têtes parlantes qui donnent des informations importantes et d'images d'archives. On a aussi des résumés des oeuvres les plus connues de Banksy : ses peintures sur les murs et voitures de New York et San Francisco, sur le mur de séparation israélo-palestinien, la création du Walled Off Hotel à Jérusalem, la destruction de la peinture "Petite fille avec ballon" quelques moments après qu'elle ait été vendue pour plus d'un million d'euros à Sotheby's, l'intervention artistique contre le réchauffement climatique à Port Talbot, la mise en place de Dismaland pour se moquer de Disneyland, les gens de Folkestone se battant pour conserver un Banksy dans leur ville.

Les gens interviewés, notamment l'ancien agent de Banksy, Steve Lazarides, disent des choses intéressantes, mais avec trop d'adulation. Aux yeux de tous (des journalistes qui essaient de démasquer l'artiste aux capitalistes qui arrachent son travail aux murs où il les peint pour les vendre, en passant par le guide sur l'univers de Banksy à Bristol), Banksy est un génie, au point qu'on le qualifie même de Picasso des temps modernes. Il y a peut-être du vrai là dedans, et ses oeuvres et ses prises de position politiques sont souvent inspirées, mais trop d'admiration tend à donner lieu à des documentaires insipides. La critique la plus dure qui soit formulée ici, c'est qu'il est devenu la chose même qu'il dit mépriser : un capitaliste. Quel choc !

Les réalisateurs ont fait du bon travail pour ce qui est de retrouver les journalistes qui ont articulé les meilleures théories sur la véritable identité de Banksy et de leur faire expliquer comment ils ont songé à ces différentes hypothèses. Le sympathique Écossais Craig Williams a par exemple vu un lien entre l'apparition des travaux de Banksy et les concerts de Massive Attack, ce qui l'a amené à déduire que l'artiste n'était nul autre que le membre du groupe Robert Del Naja. Un expert judiciaire a avancé la théorie selon laquelle Banksy est le musicien de Gorillaz Jamie Hewlett, parce que des documents rattachaient le film de Banksy, Faites le mur, au musicien. Enfin, il y a la journaliste du Daily Mail Claudia Joseph, qui est convaincue que l'artiste est un ancien élève en école privée issu de la classe moyenne appelé Robin Gunningham. Sauf que le documentaire a une manière de raconter ces histoires – en mettant l'accent sur tout ce qui peut réfuter ces tentatives de dévoiler la véritable identité de l'artiste – qui donne l'impression que Banksy lui-même aurait donné son approbation. Rien ici n'est révélé. On a juste un nouveau bilan bien fait, plein d'affection, sur la même histoire.

Banksy Most Wanted a été produit en France par Cross Borders Films, Scarlett Production et Canal+.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy