email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

THESSALONIQUE DOCUMENTAIRES 2020

Critique : The Music of Things

par 

- Le réalisateur grec Menios Carayannis nous rappelle l’essence des choses que nous aimons à travers ce documentaire immersif, sensoriel et sans dialogues sur trois artisans

Critique : The Music of Things

Le nouveau film de Menios Carayannis, The Music of Things [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Menios Carayannis
fiche film
]
, qui vient de décrocher le Prix FIPRESCI du meilleur film grec au Festival du documentaire de Thessalonique (lire l'article), suit trois artisans et immerge le spectateur dans leur travail en adoptant une approche sensorielle qui se passe de récit et même de dialogues. Le résultat est une oeuvre de 90 minutes vivifiante et agréable à regarder.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Les hommes en question sont Yiorgos Katsanos, musicien, Giannis Giannoudakis, charpentier, et Homer Vlaxos, photographe – quoique pour rester en cohérence avec la nature du film, leurs noms ne sont listés qu'au générique de fin. Katsanos, qui joue généralement avec des groupes et des compositeurs, se montre pour les besoins du film en train de s'essayer au sous-genre de la musique d'ambiance qu'on appelle field recording (ou enregistrement de terrain). Cela signifie qu'il enregistre les sons de la nature et les réutilise pour en faire des morceaux, mais on le voit aussi jouer de quelques instruments, notamment un synthétiseur et un santour grec traditionnel, à travers des processeurs d'effets, dans des lieux dotés d'une acoustique particulièrement bonne (une église, par exemple), faisant revenir le son par un haut-parleur de manière à obtenir des effets atmosphériques.

Vlaxos est un photographe de la nature, qui s'intéresse plus précisément aux structures complexes et aux textures détaillées. On l'observe tandis qu'il prend des clichés rapprochés de feuilles, de fleurs et d'insectes, mais aussi des photos plus larges allant du sentier forestier au paysage rocheux ou, à la fin, à des photos à exposition longue du ciel nocturne.

Ce que font le musicien et le photographe est intrinsèquement cinématographique (le réalisateur n'a qu'à se concentrer uniquement sur leur travail), alors que dans le cas de Giannoudakis, la situation est un peu différente. Il exerce son travail de charpentier dans un vaste atelier, apparemment situé quelque part à l'orée d'un bois, et il est souvent difficile de comprendre ce qu'il est en train de faire exactement. Alors le film le montre faisant des kata en kimono ou tapant un rythme constant et méditatif sur un djembe. Il y a aussi, dans son jardin, un chien et tout un tas de chats qui s'entendent à merveille et qu'on a plaisir à voir folâtrer.

Comme il n'y a aucun dialogue dans le film, le design sonore est au premier plan. À cet égard, difficile de dire où s'arrête la création de Katsanos (toutes les musiques du documentaire ont été composées et interprétées par lui) et où commence l'intervention de Carayannis, mais c'est justement le but. Tandis que la musique et les effets, diégétiques, amènent d'une scène à l'autre de manière fluide et épousent une image du photographe tandis qu'il avance à travers les branches dans la forêt, le réalisateur obtient une fusion des éléments avec leur propre expression, très séduisante.

De la même manière, avec sa caméra, Carayannis suit la nature et la vibration de chacun des artisanats qu'il présente, plutôt que leur logique. Ainsi, quand il avance sur les traces de Vlaxos dans les bois, la caméra penche souvent un peu. Et quand il filme le charpentier dans son atelier, il utilise un objectif qui crée une image concave.

The Music of Things est une expérience vivifiante et relaxante qui se produit grâce à une approche sensorielle immersive et qui offre un répit bien agréable en ces temps de surabondance d'information et de documentaires à thèmes, qui dominent les festivals. Le film souligne la valeur du dévouement à l'essence de son travail et aux choses qu'on aime dans la vie, par opposition à l'idée de se débarrasser d'autant de boulot que possible pour passer vite à la tâche suivante. C'est un rappel venu du coeur des raisons pour lesquelles on a choisi telle ou telle activité au départ.

The Music of Things est une production de la société grecque Skapeta Films.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy