email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

FILMS / CRITIQUES Italie / Autriche

Critique : Abbi fede

par 

- Le deuxième long-métrage de Giorgio Pasotti, remake de la comédie grinçante danoise Adam’s Apples, s’engage dans une veine satirique extrêmement sombre

Critique : Abbi fede
Robert Palfrader, Claudio Amendola, Giorgio Pasotti, Gerti Drassl et Aram Kian dans Abbi fede

Enfant prodige des arts martiaux au cinéma, avec un premier film comme acteur à 18 ans, en 1994 – la comédie d’action hongkongaise Treasure Hunt –, Giorgio Pasotti a traversé le cinéma italien avec son visage d’éternel gentil garçon et un éclat de folie dans les yeux, jouant pour des réalisateurs comme Daniele Luchetti, Gabriele Muccino, Mario Monicelli et Paolo Sorrentino. Abbi fede [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, son deuxième long-métrage comme réalisateur, après Io, Arlecchino [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
(2015), qui était assez moyen, dévoile une veine satirique très noire qui stupéfait positivement.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
series serie

Abbi fede, "basé" sur le film couvert de prix Adam's Apples [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Anders Thomas Jensen
interview : Mads Mikkelsen
interview : Tivi Magnusson
fiche film
]
d'Anders Thomas Jensen (2005), qui pouvait se targuer de réunir deux stars adorées du public, Ulrich Thomsen et Mads Mikkelsen (avant l'explosion de sa notoriété internationale comme méchant dans un film de James Bond), reprend en réalité du modèle danois presque chaque réplique et chaque cadrage. La transposition géographique et culturelle en Italie du Nord (dans la splendide région du Haut-Adige) et l’interprétation des personnages principaux (Pasotti lui-même ainsi que Claudio Amendola, flanqués, avec vivacité, de Robert Palfrader, Gerti Drassl, Aram Kian, Roberto Nobile, Giancarlo Martini et Lorenzo Renzi) sont cependant parfaites, de sorte qu’on peut dire d'Abbi fede que c’est le remake réussi d’un film presque parfait. C’est aussi grâce aux thèmes universels qu'il aborde : la lutte du bien contre le mal, la foi et la rédemption, le tout revisité sur un ton très caustique.

Claudio Amendola réinvente le regard obtus du méchant néonazi Ulrich Thomsen dans le rôle d'un néo-fasciste appelé Adamo, qui porte une croix celtique tatouée sur la nuque et le crâne rasé et qu'on envoie dans une petite communauté de réhabilitation située parmi les montagnes, gérée par l'imperturbable prêtre Ivan (Pasotti). La communauté accueille aussi le skieur alcoolique Gustav (Palfrader), Sara l'inadaptée (Drassi) et l'hilarant ancien-terroriste Khalid (Kian), un type vulgaire et violent qui en détermination dépasse largement à droite le violent fasciste. Adamo s'installe dans sa chambrette en accrochant un portrait de Benito Mussolini à la place du crucifix et se retrouve stupéfait à chaque fois que la Bible laissée à son chevet tombe et s'ouvre sur le livre de Job. L’application, aussi surréaliste qu'inflexible, du message évangélique "tends l’autre joue" de la part d'Ivan et son optimisme ostentatoire, insupportable, irritent tellement Adamo qu’il en vient à fouiller dans le passé du prêtre, pour y découvrir des traumatismes épouvantables. Pourquoi le jeune religieux nie-t-il à ce point la réalité, pourquoi refuse-t-il l’existence de la mort, de la maladie et de la méchanceté ? Fatigué de s'entendre répéter que Dieu pardonne à tous et que ses actions sont dictées par Satan, Adamo va tout faire pour abattre la foi inébranlable d'Ivan et préparer ce strüdel qu'il a prévu de cuisiner avec les pommes de l’arbre qui s’élève devant la petite église de la communauté. Mais les voies du seigneur sont, évidemment, impénétrables, et le groupe d’amis néo-fascistes d’Adamo qui va venir le chercher est armé jusqu’aux dents...

Abbi fede est une coproduction entre l'Italie et l'Autriche qui a réuni les efforts de Cannizzo Produzioni, Greif Produktion, Sigma Film, Cineworld Roma, Dinamo Film et Rai Cinema, avec le soutien d'IDM Südtirol – Alto Adige Film Fund & Commission. Le film est disponible depuis hier en exclusivité sur RaiPlay. En Autriche, il est distribué par Einhorn Film.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'italien)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy