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CANNES 2020 Marché du Film

Meet the Streamers : bien sélectionner ses contenus, c’est fondamental

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- CANNES 2020 : Des représentants de plateformes de streaming indépendantes des États-Unis, d’Espagne et de Suède ont discuté des défis et opportunités présentés par la situation de pandémie

Meet the Streamers : bien sélectionner ses contenus, c’est fondamental
Les participants à Meet the Streamers (dans le sens des aiguilles d’une montre en partant du haut) : Tom Grater, Jaume Ripoll, Richard Lorber et Olle Agebro

Depuis que la Covid-19 a forcé la fermeture des cinémas et des festivals du monde entier, les plateformes de streaming sont devenues nos principales fournisseuses de contenu audiovisuel et ont trouvé un moyen de collaborer avec les cinémas pour présenter les nouvelles sorties. Lundi, lors d’un panel en ligne du Marché du Film, les représentants de trois services de streaming indépendants, Richard Lorber (de la plateforme états-unienne Kino Marquee/Kino Now), Jaume Ripoll (de Filmin en Espagne) et Olle Agebro (Draken Film, Festival de Göteborg), ont partagé leurs expériences et leurs attentes pour l'avenir autour du modérateur Tom Grater de Deadline.

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Lorber, à la tête de la plus grande société de distribution indépendante aux États-Unis, Kino Lorber, a raconté comment la plateforme de la société de TVOD Kino Now a servi de base pour le nouveau service de streaming Kino Marquee, qui a été lancé en sept jours seulement en réponse aux fermetures des cinémas. Un "cinéma virtuel" a été mis en place que 400 cinémas ont rejoint à ce jour. Lorsque les spectateurs achètent leur ticket sur la plateforme, ils l'achètent pour un cinéma en particulier qui a réservé le film voulu, et la moitié de l'argent lui revient directement. Les séances ont commencé avec Bacurau [+lire aussi :
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, sorti une semaine avant le confinement, suivi par les premières en ligne de Sorry We Missed You [+lire aussi :
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et Une grande fille [+lire aussi :
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était au départ le premier film qui devait être mis en ligne, et environ 200 salles l'ont réservé, alors qu'il n'était pas très connu aux États-Unis.

"Nous avons constaté bien plus d'implication de la part des cinémas en virtuel que nous n'en avions jamais eu dans la réalité, pour la simple raison que beaucoup de petits cinémas n’avaient pas la capacité de projeter tous les films de Kino Lorber qu'ils voulaient", explique Lorber.

L'entreprise est actuellement en train de mettre en place ce que Lorber appelle une "stratégie de sortie en duplex" par laquelle les films sortiraient à la fois en ligne et dans les salles. Le fonctionnement de ce projet par rapport à la chronologie des médias et aux délais avant exploitation numérique est encore à l'étude, mais Lorber dit que les possibilités sont prometteuses et que la situation forcera les distributeurs et les exploitants à collaborer plus étroitement sur cette question lorsque les cinémas rouvriront à seulement 30 % de leurs capacité, ce qui ne leur apportera pas assez de revenus pour maintenir leur activité.

Le service de VàD Draken Film soutient également les cinémas indépendants, comme Cineuropa l'a indiqué en mars (lire l'article), puisque les abonnés choisissent une salle, qui touche la moitié des recettes. Aujourd'hui, plus de 100 cinémas font partie du réseau. "Au début du coronavirus, nous avons constaté une hausse des visites et avons décidé de partager ces recettes supplémentaires avec les cinémas, qui n'ont plus de sources de revenus. Au printemps, notre base d'abonnés a plus que triplé", a dit Agebro.

La plus grosse plateforme indépendante de VàD et PVOD d’Espagne, Filmin, qui est également utilisée au Portugal, a connu un pic de 30 % de ses abonnés dans les premières semaines du confinement. Le site héberge les festivals qui se déroulent en ligne, partageant les recettes avec un ratio de 60:40 en faveur des festivals. Docs Barcelona a par exemple présenté 45 films en dix jours et obtenu un taux de participation dix fois plus important que les autres éditions. "Nous avons beaucoup fait affaire avec les distributeurs locaux pour les sorties en PVOD. Nous avons eu une bonne expérience avec Matthias & Maxime, qui a réalisé plus d'entrées virtuelles en sa première semaine que n'importe quel autre film de Xavier Dolan dans les salles en Espagne", rapporte Ripoll.

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d'Alex Montoya, qui a vendu 30 000 tickets virtuels. Filmin s’est désormais associée avec la plateforme de VàD skopiote Cinesquare pour que le public des cinq pays balkaniques ait accès à une partie de ses contenus, ce qui pourrait être un modèle viable pour gérer les droits territoriaux des événements artistiques dans le monde virtuel, plus particulièrement les festivals.

Pour ce qui est des alternatives plus chères, la PVOD et la TVOD, où les utilisateurs sont censés payer un tarif proche de celui d'une entrée au cinéma, Lorber explique que le film est disponible pendant cinq jours et que les utilisateurs savent qu'ils soutiennent leur cinéma local, donc pour lui, ce modèle est viable. Les expériences espagnole et suédoise sont peut-être logiques : Ripoll est dubitatif face à la crise économique qui menace l'Espagne, alors que Draken se contente d'inclure tous les nouveaux films dans son offre standard. "Nous perdons de l'argent, en procédant comme ça, mais nous pensons que ça vaut la peine, pour créer de la valeur pour nos abonnés", a dit Agebro.

Le public ayant été largement happé par les géants du streaming en période de coronavirus, comment les services indépendants peuvent se démarquer et attirer des abonnés ? "Bien sélectionner ses contenus et miser sur des titres de haute qualité, c'est fondamental", ont dit Lorber et Ripoll, et Agebro a abondé dans leur sens. Le deuxième a ajouté : "une offre exclusive ainsi qu'un vaste catalogue". Agebro a souligné que la demande avait été forte pour les sélections spéciales curatées par des réalisateurs suédois proposées sur Draken.

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(Traduit de l'anglais par Chloé Matz)

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