email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

VENISE 2020 Semaine internationale de la critique

Critique : Non odiare

par 

- VENISE 2020 : Ce premier long-métrage par Mauro Mancini raconte une histoire simple mais qui vous happe, avec Alessandro Gassmann dans un des rôles principaux

Critique : Non odiare
Alessandro Gassmann (à gauche) in Non odiare

Non odiare [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Mauro Mancini
fiche film
]
, le premier long-métrage de Mauro Mancini, en compétition à la Semaine internationale de la critique de Venise, est le seul film italien sélectionné dans cette section cette année. Avant d’écrire et de réaliser ce film, le réalisateur s’est lancé en 2005 avec le court-métrage Il nostro segreto et il a continué ensuite de travailler sur d’autres courts, ainsi qu'à la télévision et dans la publicité.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
series serie

Le film, scénarisé par Mancini avec Davide Lisino, se passe au nord-est de l’Italie et s’ouvre sur une scène dans laquelle on voit le héros, Simone Segre, enfant, obligé par son père (Cosimo Fusco) à choisir un seul chaton parmi une portée et à noyer les autres. On revoit ensuite Simón adulte (Alessandro Gassmann), qui est devenu un excellent chirurgien et s’entraîne à faire du canoë dans une rivière. Le bruit d'un incident l'amène à abandonner son embarcation pour aller prêter immédiatement secours. Après avoir trouvé l'homme qui était au volant gravement blessé, il contacte les secours, essaie de le tranquilliser et improvise un garrot pour arrêter l’hémorragie avec la ceinture de sécurité. Un détail cependant le fait frissonner : l’homme a une croix gammée tatouée sur le torse. Segre, qui a à l'esprit ce qu’a vécu son père, un juif qui a survécu aux camps de concentration, relâche le garrot et s'enfuit, abandonnant l'homme à son destin.

Le film suit dans l'ensemble une structure narrative plutôt linéaire. L’histoire se poursuit avec un Segre très conscient d’avoir causé des dommages irréparables la famille de l’homme, Monsieur Minervini, père de trois enfants : Marica (Sara Serraiocco), résolument la plus raisonnable et responsable, Marcello (Luka Zunic), lui aussi néo-nazi, comme son père, et doté d'un caractère très agressif et irascible, et le cadet Paolo (Lorenzo Buonora). Segre, mu par ses remords, essaie de se rapprocher de la famille en renvoyant sa femme de ménage pour embaucher Marica, désormais désespérée de trouver de l’argent pour faire vivre sa famille.

L’interprétation de Gassman est très convaincante. L’acteur trace le portrait d’un homme bourru et silencieux, rongé par la culpabilité et l'insatisfaction, malgré la position de prestige qu’il occupe au sein de la société. On réserve une mention à l’interprétation du jeune Zunic, qui restitue son juste niveau de profondeur à un personnage complexe qui pourrait facilement tomber dans le stéréotype ou donner lieu à une interprétation monochrome. On louera également le travail de l'équipe technique, notamment les musiques de Pivio et Aldo De Salzi, qui correspondent très bien à l'inquiétude vécue par Segre.

Le film constitue un début prometteur pour Mancini : l’histoire, dans sa simplicité, est prenante et trouve un dénouement très naturel, pas forcé. Au spectateur de découvrir lequel.

Non odiare est une coproduction italo-polonaise de Movimento Film (Italie) et Agresywna Banda (Pologne) avec Rai Cinema et en association avec Notorious Pictures. Ce long-métrage a reçu le soutien du Ministère de la Culture italien, du Polish Film Institute et de la Région Latium. La distribution du film en Italie, à partir du10 septembre, va être assurée par Notorious Pictures.  Les ventes internationales du film sont gérées par Intramovies.

(Traduit de l'italien)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy