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FILMS / CRITIQUES Espagne

Critique : Ilargi Guztiak. Todas las lunas

par 

- Igor Legarreta nous livre un conte triste, vampirique et sombre où une fillette victime des carences des adultes reste pour toujours en enfance

Critique : Ilargi Guztiak. Todas las lunas
Itziar Ituño et Haizea Carneros dans Ilargi Guztiak. Todas las lunas

En 2007, Igor Legarreta s’est lancé dans le long-métrage avec Cuando dejes de quererme [+lire aussi :
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, une drame familial de coproduction hispano-argentine où l'on trouvait un conflit politique, un certain humour et un fond romantique. Le réalisateur présente maintenant Todas las lunas [+lire aussi :
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interview : Igor Legarreta
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, un travail apparemment très éloigné de son film précédent, mais avec lequel il conserve certains parallélismes. On parle en effet d'un film qui s'inscrit dans le genre mythologico-fantastique, mais qui ne cherche pas l'effroi ni la terreur facile. C'est plutôt la réflexion qu'il veut provoquer, voire une forme d'existentialisme, car il aborde des thèmes chargés comme l’immortalité, la foi et, de nouveau, les relations complexes entre les pères/mères et leurs enfants.

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Ce que le cinéaste basque met surtout en avant à travers ce conte terrible, c'est le côté obscur de l’amour, son côté égoïste, quand il amène à penser à tort que l’être aimé vous appartient. Ce qui apparaît ici, c'est une relation mère/enfant étouffante où la première ne laisse pas sa progéniture voler de ses propres ailes et cherche en elle un remède à la solitude et au vide qu'elle sent. Dans ce film, qui traverse des époques tourmentées des siècles passés, une sorcière (incarnée par Itziar Ituño) cherche à compenser ses carences en retenant un être blessé rencontré dans la forêt (interprété par Haizea Carneros, pour la première fois à l'écran) sans préciser les clauses tacites du contrat qu'elle lui propose de signer : en l'espèce, une condamnation à l’immortalité.

Pour raconter ce sinistre récit, Legarreta a recours à un naturalisme magique, aussi contradictoire que cela puisse paraître, car comme le photographe tchèque Jan Saudek, qu'il avait en tête en composant sa mise en scène, il a choisi de mêler à une certaine crudité et un certain vérisme une utilisation particulière de la couleur. L'atmosphère est dominée par la pénombre, mais elle n'a rien de monochrome ou du faux blanc et noir bien que l’action commence au XIXe siècle : la première partie, liée à la nuit, est dominée par le bleu, la partie centrale par des tons chauds et des teintes jaunes, la troisième partie par la couleur rouge.

Par ailleurs, du film se dégage une certaine religiosité quand il évoque l’immortalité, cette capacité de transcender la mort, pour la mettre en contrepoint avec l'idée que décéder fait partie de la vie. Il aborde aussi la manière dont la foi promet, en tant que remède à la peur de disparaître, une vie dans l'au-delà. Ainsi, les vampires de ce film échappent à la souffrance et à la douleur, mais ils finissent condamnés à une solitude éternelle, sans joie, alors que le personnage de Cándido (Josean Bengoetxea) a besoin de se sentir vivant en aimant de nouveau..., mais de manière généreuse.

Todas las lunas a été produit par les sociétés espagnoles Arcadia Motion Pictures, Kowalski Films, Pris&Batty Films et Ilargia Films, en coproduction avec Noodles Production (France). En Espagne, le film est distribué par  Filmax, qui s’occupe aussi de ses ventes internationales.

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(Traduit de l'espagnol)

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