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CANNES 2021 Quinzaine des Réalisateurs

Critique : Entre les vagues

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- CANNES 2021 : Ce premier long par Anaïs Volpé se penche sur les aléas des amitiés à travers l’histoire de deux actrices meilleures copines depuis toujours qui sont prises pour la même pièce de théâtre

Critique : Entre les vagues
Déborah Lukumuena et Souheila Yacoub dans Entre les vagues

Entre les vagues, le premier long-métrage d'Anaïs Volpé, parle des joies de la vie sur fond de tragédie. Le film, dévoilé à la Quinzaine des Réalisateurs, raconte une amitié féminine joyeuse – un oiseau rare au cinéma, où il est classique de voir des femmes chanceler face aux nombreuses entraves placées sur leur chemin. Ici, un diagnostic de cancer affectant l'une d'entre elles va pousser cette amitié vers des extrêmes, mais Volpé parvient à maintenir un ton léger et énergique qui reflète l'esprit des deux filles, sans négliger pour autant de laisser de l'espace pour le chagrin et les larmes. Ce qui est tout à fait atypique dans Entre les vagues, c'est que ses héroïnes sont deux jeunes femmes de 27 ans qui continuent de s'accrocher à leur esprit d'ados et l'énergie de leur jeunesse, ce qui leur donne un comportement de grands enfants qui avait jusqu'ici été l'apanage des comédies sur des amitiés masculines, comme Serial noceurs – et ce n'est pas spécialement à l'honneur du cinéma de constater qu'il est étrange d'observer des jeunes femmes de 27 ans qui s'amusent et recherchent encore quels rêves elles voudraient poursuivre.

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series serie

En parlant de noceurs, le premier de nombreux moments d'exaltation que partagent nos héroïnes, celui qui marque le début de l'amitié entre Margot (Souheila Yacoub) et Alma (Déborah Lukumuena) est celui où les deux filles essaient de persuader un assistant en cuisine de leur passer les restes d'un repas de mariage. À ce stade, on sait déjà qu'elles sont prêtes à tout pour obtenir ce qu'elles veulent et ce qu'elles veulent, c'est devenir actrices. Margot a même fait plus de 100 000 tasses de café dans une dizaine de cafés parisiens tout en essayant de lancer sa carrière, et Alma a verni autant d'ongles. Leur quête est rendue chouette par l'amitié qui les unit, et Alma accompagne Margot à toutes ses répétitions. Elles ne se ressemblent pas, mais elles ont une énergie similaire, donc ce lien est assez plausible, surtout à l'ère des castings sans distinction de couleur de peau, notamment au théâtre. Ayant fait l'expérience de ce genre de rejet, elles se démarquent en feignant de se disputer lors d'une répétition, pour la première scène d'un film. Leur ruse fonctionne, et Alma obtient le rôle principal dans une pièce de théâtre, sur une jeune fille enceinte qui se rend à New York pour la première fois, suivant les pas de sa grand-mère italienne. Margot est sa doublure. Au départ, la joie des filles est à son comble.

Cette pièce à l'intérieur du film permet à Volpé de parsemer des images de New York City dans ce récit parisien, et le directeur de la photographie Sean Price Williams donne à chacune de ces villes iconiques une atmosphère distincte : New York, filmée avec un grain d'image plus gros évoquant le générique d'un film de flics des années 1970, a une allure très cool, et Paris, où se déroule le quotidien des filles, fait plus "banale". Sauf les événements, à Paris, vont se mettre à imiter le texte assez dur de la pièce à partir du moment où Margot découvre qu'Alma a le cancer. Le fait que la comédienne principale de la pièce soit malade sème le tumulte parmi la troupe et dans leurs vies personnelles, ce qui va mettre à l'épreuve mais aussi souligner la force de la solidarité féminine. Même l'histoire sentimentale que vit une des filles ne saura prendre le pas sur cette amitié centrale. Il n'est pas si fréquent de voir autant de cohésion entre femmes à l'écran, même quand l'histoire finit par tourner à la rivalité. Volpé est bel et bien un nouveau regard du cinéma.

Entre les vagues a été produit par Canal+, Ciné+ et Unité. Les ventes internationales du film sont assurées par mk2.

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(Traduit de l'anglais)

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