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VENISE 2021 Orizzonti Extra

Critique : The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic

par 

- VENISE 2021 : Vous allez vouloir découvrir ce film sombre et plein d’humour par le Finlandais Teemu Nikki : il est tout l’inverse des opinions de son personnage central, qui plus est DiCaprio-phobe

Critique : The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic
Petri Poikolainen dans The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic

Compte tenu du fait que pendant de nombreuses années, Titanic de James Cameron a conservé le record des recettes les plus élevées jamais obtenues par un film au box-office mondial, le personnage central de The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic [+lire aussi :
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(litt. "l'aveugle qui ne voulait pas voir Titanic") pourrait bien être un des rares cinéphiles du monde à ne pas avoir acheté un ticket, à l’époque, en 1997. Son obstination est amusante, intéressante et peut-être contre-productive (ce n'est pas embarrassant pour la filmographie de Cameron, se soucie-t-il à voix haute tout au long du film – alors que True Lies oui). Cet excellent film, par le spécialiste finlandais du cinéma de genre montant Teemu Nikki, vient de faire sa première mondiale cette année à la Mostra de Venise, dans la toute nouvelle section Orizzonti Extra. Il y a gagné le prix du public, ce qui était assez prévisible : à la séance à laquelle a assisté l'auteure de ces lignes, le film a été salué par une salve d'applaudissements parmi les plus chaleureux de cette quinzaine vénitienne.

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The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic appartient aussi à une génération de films qui se démarque par une attitude beaucoup plus progressive et équitable par rapport au handicap, par exemple en ne le voyant pas comme une affliction nuisible qui se caractérise par le fait qu'on n'a pas accès aux mêmes privilèges que les gens non-handicapés. capable. Pour paraphraser une déclaration récente de Nikki, c’est un film qui se concentre sur un héros qui se trouve être handicapé, pas une déclaration mièvre ou condescendante sur le handicap. Et ce n'est pas tout : pour le rôle de Jaakko, le réalisateur a choisi un vieil ami atteint de sclérose en plaques (ce qui cause la cécité du personnage dans le film), Petri Poikolainen. Entre autres choses, ceci répond aussi à l’idée de plus en plus démodée selon laquelle les acteurs sans handicap doivent être les premiers pris en compte pour jouer des personnages avec des handicaps – on pense notamment au cas d'un acteur comme Eddie Redmayne dans Une merveilleuse histoire du temps [+lire aussi :
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, qui a été encensé précisément pour la justesse de sa simulation.

On a affaire ici avant tout à une histoire de quête, avec une structure classique. On présente la vie de Jaakko, dans un appartement aux murs couverts de rangées de DVD, on établit sa relation forte avec le personnage secondaire (une gentille dame, également mal-voyante, qui s’appelle Sirpa (Marjaana Maijala) et qu'il a rencontrée en ligne) et on imagine un objectif (la rencontrer) ainsi qu'un obstacle pour mettre l’intrigue en branle. Le film se caractérise aussi par un sens de l’humour qui le sert très bien : le réalisateur l'a rempli à ras bord de boutades et répliques ("Quand je n'ai plus pu distinguer Kurt Russell des huskys, j'ai su que j'étais foutu"), mais cela ne fait jamais du film lui-même une blague.

On reconnaît que le film progresse avec un peu trop de bonhommie, jusqu'à la complication qui se présente à mi-parcours, quand Jaakko essaie d’aller chez elle tout seul et qu'il se fait intercepter par deux crétins qui tentent de voler ses affaires. Jaakko, qui a toujours une référence filmique au bout des lèvres (dans ce cas précis, les kidnappeurs cafouilleux de Fargo), prend la situation au sérieux et semble, de manière presque spirituelle, accepter son manque de chance et la possibilité de se retrouver blessé. Mais de nouveau, l'humour vient à la rescousse, cette fois sur le ton de la "comédie de type bureaucratique", tandis que les voleurs imaginent eux-mêmes des entraves emberlificotées (des sécurités sur carte de crédit, des erreurs géographiques) qui permettent à Jaakko de triompher.

C'est au niveau du tissu conjonctif entre cette histoire et son dénouement sentimental que le film cesse en partie de convaincre et se met à prendre des raccourcis, pour devenir un conte sur un voeu qui s'exauce qui fait un peu trop figure de cuillère de sucre (et on espère que Jaakko va pouvoir pardonner cette référence à une comédie musicale de Disney). Cela dit, c'est tout de même un très bon film sur un cinéphile héroïque qui va certainement séduire le public de la même étoffe à de nombreux festivals à venir.

The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic a été produit en Finlande par It’s Alive Films et Wacky Tie Films. Les ventes internationales du film sont gérées par Intramovies.

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(Traduit de l'anglais)

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