email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

FILMS / CRITIQUES France / Belgique / Allemagne

Critique : Eiffel

par 

- Avec un excellent Romain Duris, Martin Bourboulon relève le défi d’un film à grand spectacle passionnant sur l’édification de la Tour Eiffel, lesté d’un fil romantique nettement plus banal

Critique : Eiffel
Romain Duris dans Eiffel

C’est un peu le "golden boy" du cinéma français grand public actuel. Après la comédie Papa ou maman [+lire aussi :
bande-annonce
making of
fiche film
]
(2,8 millions d’entrées dans l’Hexagone en 2015) et sa suite Papa ou maman 2 [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
(1,36 million de spectateurs fin 2016), le réalisateur Martin Bourboulon passe avec succès le cap des films à gros budget, reconstitution historique et effets spéciaux, avec Eiffel [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
que Pathé lance aujourd’hui dans les salles françaises, un film à plus de 23 M€ de budget que le cinéaste enchaînera avec le diptyque Les Trois Mousquetaires (D'Artagnan et Milady), en tournage pour la coquette somme de 60 M€ et dans lequel il retrouve d’ailleurs au casting (lire la news) son très bon protagoniste de Eiffel : Romain Duris.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Des sommes sonnantes et trébuchantes qui font évidemment grimper les enchères des enjeux et qui rappellent à ceux qui d’aventure l’auraient oublié que le 7e art scelle l’alliance entre l’artisanat et l’industrie (tout particulièrement dans le sophistiqué système de vases communicants du financement français de la production) et qu’il n’est pas, loin s’en faut, à la portée du premier cinéaste venu de maîtriser  de telles ambitions et de signer des films ciblant (et contentant) tout l’éventail des spectateurs potentiels. De très grandes aspirations conjuguant vision et savoir-faire qui sont également, en un reflet parfait, le moteur de la trajectoire de Gustave Eiffel, "le magicien du fer", le célèbre bâtisseur de la Tour du même nom.

"Nous allons construire un rêve", "une tour de 300 mètres, entièrement en métal, en plein Paris et tout le monde pourra en profiter". Nous sommes en septembre 1886 et l’obélisque de Washington, inauguré l’année précédente, a établi une nouvelle marque à 169 mètres de hauteur dans le petit monde des créateurs de grands monuments internationaux. En vue de l’Exposition Universelle prévue à Paris en 1889, le gouvernement français souhaite du spectaculaire, du panache, et l’ingénieur Gustave Eiffel (Romain Duris) relève le défi. Pour la petite histoire romanesque du film, il le fait pour les beaux yeux d’Adrienne (Emma Mackey), une femme désormais mariée qu’il retrouve par hasard et avec qui il a partagé une passion s’étant très mal terminée 26 ans auparavant à Bordeaux quand Eiffel faisait ses premières armes en édifiant un pont ferroviaire.

Sans être totalement déméritant, ce moteur romantique qui accompagne en flashback une grande partie du film ne constitue pas son point fort, presque comme un cortège narratif qu’on se serait obligé à former afin d’escorter ce qui s’impose comme le cœur passionnant de l’intrigue : la construction de la tour Eiffel. Obstacles et solutions techniques (proximité de la Seine, boue, ancrage et stabilité à garantir en dépit de la légèreté de l’édifice, caissons à air comprimé, paratonnerre, résistance aux vents, sable et vérins, plans et atelier, emboitement des poutrelles à trois centimètres près, chantier de plus de 300 ouvriers avec l’épée de Damoclès des grèves, etc.), bataille financière et médiatique ("vous voyez trop haut. Ce ne sera pas rentable", manifestation de riverains aux cris de "une verrue sur Paris" ou "le lampadaire de la honte") et course contre la montre afin de grimper vers le ciel et terminer à temps pour l’Exposition Universelle : le film retrace avec beaucoup de détails, de rythme et de crédibilité le combat d’"un homme avec une idée plus grande que lui". Une odyssée parisienne qui signe une solide prouesse de mise en scène et d’intégration des effets spéciaux énergisée par un excellent interprète principal (avec un petit côté Dorian Gray pour assumer en souplesse les deux pôles des 29 ans du récit). Pari donc gagné pour un film populaire qui ne masque pas ses objectifs et qui tient ses promesses.

Produit par VVZ Production et par Pathé Films, Eiffel a été coproduit par M6 Films, les Belges de Scope Pictures et les Allemands de Constantin Film. Le long métrage a déjà été vendu par Pathé International quasiment dans le monde entier.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy