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IDFA 2021

Critique : After a Revolution

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- Ce film de Giovanni Buccomino sur la vie d’un frère et sa soeur après la révolution libyenne est ambitieux et très long, mais il n’arrive pas tout à fait à accomplir tout ce qu’il se propose de faire, ce qui était probablement impossible dès le départ, à vrai dire

Critique : After a Revolution

Le deuxième long-métrage documentaire du réalisateur italien Giovanni Buccomino, After a Revolution, raconte l’histoire d’un frère et d’une sœur d’abord séparés par la révolution libyenne puis de nouveau réunis par les événements qui l'ont suivis, et qui continuent jusqu’à ce jour. Ce film ambitieux, pas tout à fait assez accompli, tentait peut-être l’impossible. Il a fait sa première mondiale en compétition internationale au récent IDFA.

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Le carton explicatif qui ouvre le film nous informe que quand a commencé la révolution, Myriam et Haroun se sont retrouvés de deux côtés opposés : elle se battait du côté des rebelles et il a rejoint les derniers loyalistes soutenant Kadhafi, dans leur ville natale, Bani Walid. Après que le dictateur ait été tué, Myriam, professionnelle de la médecine, dégoûtée par la foire d’empoigne déclenchée par le vide au pouvoir, par les mises à mort inutiles et la montée du salafisme, branche radicale de l’Islam, est passé de l’autre côté.

Le film commence en réalité quelques années après 2011, mais il n'offre aucune indication temporelle sur les événements qui suivent. C’est un de ses problèmes : bien que quelques cartons-titres permettent de mieux comprendre certains segments, comme la rencontre entre le frère et la soeur à Bani Walid aux fins de se réconcilier, pendant laquelle Haroun se retrouve banni et Myriam n'arrive pas à en placer une (sans qu’on comprenne si c'est le fait de son attitude effrontée ou de ses affiliations politiques, ou juste parce qu’elle est une femme), le documentaire d’observation à personnages de Buccomino échoue en partie à cause de la tâche impossible à laquelle il s’est astreint, à savoir de lui donner une toile de fond politique et sociale claire.

Il n’en reste pas moins que sur 121 minutes, le film offre pas mal de réflexions intéressantes, d’émotions et d’excitation, et ce pas seulement pour les spectateurs qui s’intéressent aux sujets liés au Printemps arabe. Ces personnages sont littéralement des héros : Myriam est la seule combattante de sexe féminin sur le front, du côté des rebelles (ses adversaires l'appellent d'ailleurs "la sale rebelle", tandis que ses camarades la surnomment Doshka – c'est le nom d’une arme automatique) et Haroun est un tenace défenseur de son sanctuaire local, que les salafistes détruisent continuellement, et qu'il reconstruit à chaque fois. Ils sont tous deux féroces et véhéments et traversent tous les deux des épreuves affreuses au nom de leurs idéaux, dont Myriam continue d’insister qu’ils sont les mêmes depuis le début, bien qu'ils appartinssent initialement à deux bords opposés : ils se battent tous les deux pour la Libye.

C’est toutefois une chose que pourraient aussi proclamer aussi les groupes tribaux et les milices qui se disputent la domination du pays, mais on sait qu’ils ne le pensent pas vraiment. Quand Myriam se présente aux élections au parlement, toute la tribu lui promet ses votes, pour finir par la trahir le jour de l’élection. Traquée et menacée, elle se retrouve en Tunisie avec son mari et ses enfants, et Haroun la rejoint quand il se retrouve blessé, après avoir été persécuté lui aussi sur les réseaux sociaux.

Quand Buccomino se concentre sur le frère et la sœur et leur vie intérieure, le film s'épanouit, et le spectateur devient profondément captivé par leur histoire sur le plan émotionnel. Peut-être même qu'il n'était pas nécessaire d’utiliser la musique (il est vrai très belle) du compositeur polonais Jacaszek de manière aussi excessive, et cela vaut aussi pour les flash-back, un dispositif qui appartient plus au champ de la fiction. Non que l'approche ne soit pas légitime, en aucun cas, mais les émotions en jeu, que nos héros ne retiennent presque jamais, suffisent déjà bien assez pour permettre au public de se sentir connecté à eux et d'être touché par leur tragique situation – ce qui était, on peut le supposer, l'objectif tout du long.

After a Revolution a été coproduit par Bad Donkey Production et EiE Film (Italie), EyeSteelFilm (Canada) et Urban Republic (États-Unis).

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(Traduit de l'anglais)

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