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BRIFF 2022

Critique : Le Voyage de Talia

par 

- Christophe Rolin livre un premier long classique mais émouvant, le voyage initiatique d’une jeune Belge afro-descendante qui part en quête d’elle-même sur la terre de ses origines

Critique : Le Voyage de Talia
Nadège Tansia dans Le Voyage de Talia

Talia a une vingtaine d’années. Elle vit à Bruxelles, avec son amoureux, où tout est à sa place, "comme un tableau bien composé". Pourtant il lui manque quelque chose, un point d’ancrage peut-être, une aventure surement. C’est ici que Le Voyage de Talia [+lire aussi :
interview : Christophe Rolin
fiche film
]
, le premier long métrage de Christophe Rolin, montré en avant-première mondiale dans la Compétition Nationale du Brussels International Film Festival, démarre.

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Talia prend son sac-à-dos et débarque à Dakar, où elle va vite trouver ses repères, même si ce n’est pas forcément ceux qu’elle attendait. Accueillie par sa cousine Binta, issue d’un milieu privilégié et qui lui fait découvrir sa vie, elle va croiser aux détours de ses aventures une autre jeune femme, Malika, issue d’un quartier plus populaire.

C'est une autre Dakar que celle qu'elle a fantasmée que découvre Talia, une autre Dakar peut-être aussi que celle imaginée par le spectateur, une Dakar festive et miroitante d'un côté, une Dakar à la fois âpre et lumineuse de l'autre.

Avec Malika, Talia expérimente l’ici et le maintenant, l’identité et l’altérité. Qui est-elle finalement ? La toubab noire qui veut s’imposer dans une ville qui ne lui appartient pas ? Une jeune femme qui trouve ses marques en retrouvant les traces de sa grand-mère ? Un peu de tout ça surement.

En s’interrogeant sur son histoire, Talia rencontre le même et le différent, la même couleur, une autre langue, les mêmes goûts, d’autres odeurs. Sa quête d’elle-même l’entraine sur les traces de son passé, son voyage dans l’espace vire au voyage dans le temps, à la rencontre de ses origines.

Parallèlement à cette réécriture du passé, Talia est aussi confrontée à un autre univers, à une autre possibilité d’elle-même. Et si ses parents étaient restés, est-ce que cela aurait fait d’elle plutôt une Binta ou une Malika ? Cette projection dans d’autres soi possibles lui permet de mieux comprendre d’où elle vient, qui elle est, et on l’imagine, où elle veut aller.

De cette introspection qui prend la forme d’un voyage vers l’autre ressort le beau duo de cinéma formé par Talia et Malika, incarnées par une jeune comédienne belge débutante, Nadège Tansia, et par la Sénégalaise Aminata Sarr. Leur amitié, inattendue, se déploie au coeur du récit, et lui donne une ampleur différente, mettant en regard leurs deux parcours.

Le Voyage de Talia a été auto produit par le réalisateur, associé à la société Bande de Ciné, avec peu de moyens mais une certaine liberté. Il est coproduit en Belgique par ADV Productions, et Sunuy Films au Sénégal.

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