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FILMS / CRITIQUES Espagne / Portugal

Critique : O corpo aberto

par 

- La première fiction d’Ángeles Huerta est une fidèle adaptation de l’histoire de Xosé Luis Méndez Ferrín, qui parvient à restituer l’intensité des mots de l’auteur dans des images belles et puissantes

Critique : O corpo aberto
Tamar Novas dans O corpo aberto

Dans les premières mesures d'O corpo aberto [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, projeté au Festival de cinéma d'Ourense, on voit une calèche s'enfoncer dans le paysage brumeux des montagnes galiciennes. La voix de Miguel (Tamar Novas) lit une lettre adressée à son oncle dans laquelle il lui fait part de ses premières impressions sur le voyage qu'il a entrepris vers un lieu inconnu et isolé où il doit commencer son nouveau travail d'instituteur dans une école à classe unique. Le lieu en question est Lobosandaus, nom qui correspond au titre du récit de Xosé Luís Méndez Ferrín dont le film est tiré. Il s'agit d'un hameau de la région d'Ourense, tout proche de la frontière avec le Portugal. Dès le début, le talent d'Angeles Huerta pour filmer le paysage, et lui conférer une personnalité ainsi que du mystère, est évident. Les corps des chevaux qui tirent la calèche, les chemins qui s'ouvrent dans le vert de la montagne, les bois touffus et les courants de brouillard épais sont disposés de telle manière qu’ils font l'effet d'un portail menant à un monde à part.

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Quand on arrive à Lobosandaus en compagnie du nouvel instituteur, on est happé par le mystère qui imprègne ce lieu et la trouble fascination qu'il provoque chez le personnage se transmet à nous. Le hameau est habité par une poignée de familles. Les hommes se consacrent pour la plupart à des travaux dans la montagne qui les tiennent occupés toute la journée et il incombe aux femmes de s’occuper de la maison et des enfants. En enseignant aux plus jeunes habitants d'un lieu qui ne paraît pas offrir beaucoup de perspectives d'avenir, Miguel ne peut éviter que son âme s'assombrisse à mesure que l'obscurité hivernale devient plus dense. L'étrange curiosité du début se transforme peu à peu en angoisse tandis que l'instituteur approfondit sa relation avec le nouveau monde qu’il habite et les gens qui le peuplent.

Il n’est pas nécessaire de trop en dire sur ce qui arrive au jeune professeur pendant son séjour à Lobosandaus. On se contentera de dire que le mode de vie d’un groupe d’hommes et de femmes extrêmement différents de lui et l'exubérante beauté d’un paysage plus agressif qu’accueillant finissent par troubler l’esprit de cet homme droit dont la vie a jusqu'ici toujours été guidée par la raison. La capacité sus-mentionnée de Huerta à créer une atmosphère enveloppante en usant de tous les recours à sa portée est indéniable. Le bon travail de l’ensemble de la troupe saute également aux yeux. À la solide contribution de Tamar Novas, il faut ajouter les excellentes prestations de Victoria Guerra et Maria Vazquez dans les rôles de Dorinda et Obdulia. Les deux actrices composent des personnages de femmes aux antipodes l'une de l'autre, traversées par de puissants dilemmes intimes, capables de perturber la vie du hameau et de transformer la perception de la réalité de l’instituteur qui y est de passage.

On a parfois du mal à dire si O corpo aberto cherche à être un récit d’épouvante classique ou un drame rural intimiste. Ce qui est certain, c’est que la plupart du temps, le film puise dans ces deux genres, les unissant pour raconter une histoire aussi évocatrice que déconcertante, et au bout du compte émouvante.

O corpo aberto est une production de la société galicienne OlloVivo Producións, de la catalane Fasten Films et de la portugaise Cinemate. Le film sera distribué en Espagne par Filmax.

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(Traduit de l'espagnol)

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