email print share on Facebook share on Twitter share on LinkedIn share on reddit pin on Pinterest

BLACK NIGHTS 2022 Critics' Picks

Critique : The Rise & Fall of Comrade Zylo

par 

- L’adaptation par Fatmir Koçi du roman de Dritëro Agolli reste très fidèle à cette oeuvre, pour le meilleur et pour le pire

Critique : The Rise & Fall of Comrade Zylo
Alex Seitaj (à gauche) et Donald Shehu dans The Rise & Fall of Comrade Zylo

Le roman satirique The Rise & Fall of Comrade Zylo de Dritëro Agolli a été très populaire auprès des lecteurs dès sa toute première publication, en 1972, par épisodes dans un journal satirique, puis sous forme de livre en 1973, car il se moquait de l’incompétence des officiels dans une dictature communiste, sans remettre en cause le système lui-même. À présent, ce texte est considéré comme fondateur dans la littérature albanaise du XXe siècle, et pourtant jusqu’à présent, il n’avait pas été adapté pour le grand écran. C'est maintenant chose faite, de la main d'un des cinéastes albanais les mieux établis, Fatmir Koçi, actif depuis les années 1980.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
tourmaletfilms_rotterdam

The Rise & Fall of Comrade Zylo [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Fatmir Koci
fiche film
]
a fait sa première mondiale dans la toute nouvelle section compétitive Critics’ Picks du Festival Black Nights de Tallinn. Son sujet et le ton qu'il adopte devraient plaire à ceux des spectateurs qui ont des connaissances historiques sur ce qu'était la vie sous une dictature communiste, mais ses références purement filmiques, au film noir et à Nouvelle Vague, fonctionnent tout aussi bien, quel que soit le contexte.

Comme dans le texte originel, on aborde cette histoire selon le point de vue du narrateur, Demka (Donald Shehu), qui est aussi le héros du film. C'est un homme qui a abandonné son rêve de devenir écrivain pour gagner sa vie en écrivant des rapports et discours pour des cadres du parti. La conséquence de ce choix est qu'il est amer, et doit se tenir disponible à tout moment. Sa femme Zenepja (Xhoana Karaj) lui conseille de ne pas accepter autant de travail, mais il ne sait pas comment rompre avec le cycle du surmenage et de l'exploitation de son zèle.

Le personnage-titre, Zylo (Alex Seitaj), est son nouveau patron, un homme avec des ambitions grandioses mais des capacités limitées. Ses idées ne sont ni originales, ni viables : ce ne sont que des platitudes extraites des manuels de propagande communiste, de sorte que personne ne s'étonne qu'elles aboutissent toutes à des échecs. Dans sa folie, Zylo est soutenu par sa femme, Adila (Enisa Hysa), et sa voisine, l'influente journaliste Cleopatra (Jorida Meta), mais certains camarades du comité n'ont qu'une hâte : assister à sa chute. Il semble que Demka n'ait d’autre choix que de le suivre où qu’il aille, qu'il s'agisse d'un village isolé, où il "prêche" le besoin de consommer de la culture à des fermiers qui se tuent au travail et vivent dans une extrême pauvreté, ou d'un pays d’Afrique avec lequel Zylo voudrait établir une forme d’échange culturel. Mais c'est là que les choses se corsent, sur les plans professionnel et domestique.

L'adaptation du roman d'Agolli en un scénario par le réalisateur avec Mike Downey et Jonathan Preece (qui a scénarisé ses films les plus internationaux, comme Amsterdam Express et Elvis Walks Home [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
) est assez fidèle. Hélas, le problème de cette loyauté au texte de départ est que certains éléments du roman ne fonctionnent pas aussi bien avec un autre médium. Koçi essaie bien de rompre avec la rigidité de la structure en chapitres par des longues scènes de dialogue, en visualisant les pensées et rêvasseries du narrateur dans des passages en noir et blanc et en utilisant le style d’autres genres historiques, mais ce genre de structure conviendrait mieux au théâtre. Parmi ses autres choix discutables, il faut mentionner l'utilisation presque constante de la bande originale composée par Karl Heortweard, dans différentes tonalités et genres musicaux, et les interprétations grandiloquentes de tous les comédiens (quoiqu'elles se prêtent bien, en l'espèce, à la nature satirique du film). Quant aux décors et aux costumes, ils reconstituent fidèlement l’ambiance du début des années 1970.

The Rise & Fall of Comrade Zylo est une coproduction entre l’Albanie, le Kosovo et l'Irlande qui a réuni les efforts de Kkoçi Productions, On Film Production et Circle Production, en collaboration avec la radio-télévision albanaise RTSH.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy