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SUNDANCE 2023 Compétition World Cinema Dramatic

Critique : When It Melts

par 

- Dans son premier long métrage comme réalisatrice, Veerle Baetens propose une adaptation au cordeau du livre de Lise Spit, s’interrogeant sur la résurgence de nos traumas d’enfance

Critique : When It Melts
Rosa Marchant dans When It Melts

Connue du public pour sa carrière d’actrice, et notamment son rôle inoubliable dans Alabama Monroe [+lire aussi :
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de Felix Van Groeningen, Veerle Baetens se lance à bras-le-corps dans la réalisation avec une adaptation sans concession du premier roman de Lize Spit, Débâcle (Het Smelt) (titre anglais: The Melting), phénomène de la littérature contemporaine flamande, présenté en avant-première dans la section World Cinema Dramatic au Festival de Sundance. When It Melts [+lire aussi :
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dresse le portrait en deux mouvements d’Eva, jeune femme traumatisée par un cruel été qui a annihilé pour elle toute prétention au bonheur.

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Le film débute dans un fracas. Eva, jeune femme solitaire et renfermée, survit plus qu’elle ne vit, affectivement dépendante de sa jeune soeur qui vit à ses côtés. Lorsque celle-ci décide de quitter leur colocation pour se mettre en couple, Eva perd pied. Et voit dans une réunion des anciens de son village d’enfance l’occasion de solder ses traumas. Car Eva vit dans le passé, passé qui nous est exposé en flashback, le temps d’un été où aux portes de l’adolescence, Eva et ses deux meilleurs amis, Tim et Laurens, vont dire adieu à l’enfance, et passer du côté obscur de l’âge adulte.

Ils ont tout vécu ensemble, les étés d’indolence, les cours où l’on s’ennuie, les familles où l’on se cherche, et même la mort tragique du frère de l’un d’entre eux, pourtant leurs chemins vont radicalement diverger quand Eva va comprendre à ses dépens qu’elle doit choisir son camp, qu’il n’y a pas de place pour elle dans le boy’s club.

Le récit progresse en parallèle, au fil de cet été symboliquement meurtrier, et de l’intrigante mission dans laquelle s’embarque Eva adulte, son trajet vers les lieux du crime, sa préparation méticuleuse de ce qu’on imagine devenir sa vengeance, ou à tout le moins sa croisade pour régler ses comptes. Avec les enfants dont la cruauté l’a clouée au pilori. Avec les adultes aussi dont le silence l’a peut-être plus encore anéantie. Alors qu’elle s’approche du but, on fait avec elle le chemin à l’envers, jusqu’au drame qui va sceller son destin.

Avec When It Melts, Veerle Baetens tente la difficile réhabilitation d’une victime qu’on préfère ne plus voir ni entendre, de celles dont on ne veut plus voir l’insondable douleur de peur de s’y perdre. Que fait-on de nos blessures d’enfance, quand elles ne sont pas solubles dans le temps ? Peut-on se reconstruire dans le silence, quand l’oubli n’est pas une option ? Et comment entendre celles et ceux qui ne parlent pas ? Porté par une direction artistique soignée, et l’impressionnante opiniâtreté de son casting, au premier rang duquel Charlotte de Bruyne et la jeune Rosa Marchant, le film ose plonger dans les abysses du mal-être de son héroïne, sans faux semblant.

When It Melts est produit par Savage Film (Belgique), et coproduit par PRPL (Pays-Bas) et Versus Production (Belgique). Les ventes internationales sont gérées par The Party Film Sales.

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