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FINANCEMENTS République Tchèque

Polémiques pour davantage de soutien public

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Avec un Oscar du meilleur film étranger (Kolya) et deux autres nominations en l’espace de dix ans, le cinéma tchèque pourrait être perçu comme une industrie mature, en croissance, dotée de mécanismes d’incitation fiscale déjà opérationnels. Mais selon de nombreux cinéastes tchèques, c’est loin d’être le cas et ils considèrent même la nouvelle loi sur le financement de la production comme une simple demi-mesure. Fin avril, le cinéma tchèque ne comptait pas moins de 62 projets en cours: 33 au stade de la dernière mouture du scénario, 14 en production et 15 en post-production. Mais alors que les observateurs extérieurs y voient un signe d’excellente santé de l’industrie cinématographique nationale, les cinéastes eux-mêmes sont d’une opinion divergente. Six des 33 projets en pré-production n’auraient jamais pu démarrer sans une prise de risques et une insécurité financière maximale alors que tous les autres sont de petits budgets. Le mot "argent” ou plutôt le manque d’argent reste en tête des préoccupations comme cela a toujours été le cas dans l’industrie cinématographique tchèque depuis 16 ans et la fin du régime communiste.

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Le Fonds de l’Etat en faveur du soutien et du développement du cinéma tchèque a accordé à peine plus de 2,5 millions d’euros depuis mars 2004 qui ont servi à financer 90 projets de films et de documentaires avec des montants de soutien qui s’échelonnent de 25 000 euros à un plafond peu impressionnant de 75 000 euros. La Czech Film Commission, l’organisation fondée pour appuyer les intérêts des producteurs, a fait pression sur le gouvernement pour qu’une autre solution soit trouvée mais la récente proposition de loi sur la question ne correspond pas exactement aux espérances. Elle impose en effet une taxe de 3 % sur les bénéfices des chaînes de télévision, salles de cinéma et distributeurs afin d’abonder le Fonds de l’Etat en faveur du soutien et du développement du cinéma tchèque. Ce dernier redistribuera cet apport aux cinéastes en favorisant les projets privilégiant l’aspect artistique plutôt que les perspectives commerciales. "Ce n’est pas une loi parfaite, mais je pense qu’il faut s’en accommoder pour l’instant et analyser comment nous pourrons l’améliorer à l’avenir" a souligné Jan Jira, un des membres du Fonds, lors d’un débat qui s’est déroulé à l’occasion du récent Finale Plzen Festival.
Mais au lieu de réduire les critiques au silence, la nouvelle loi qui en est au stade de la seconde lecture au Parlement a au contraire nourri une virulente polémique et creusé un profond fossé entre ses partisans et ses détracteurs (au premier rang desquels figurent les "cibles" des fameux 3 %). "C’est une mauvaise manière de légiférer. L’Etat ne devrait pas se défausser sur d’autres opérateurs pour résoudre les problèmes de financement des films. Ce qu’ils proposent est une taxation indirecte" plaide Pavel Borowiec du DVD Group.cz, une association professionnelle regroupant des sociétés des secteurs de la production, de la distribution et des ventes de DVD.
Paradoxalement, les cinéastes qui sont les seuls à tirer bénéfice de cet argent supplémentaire considèrent pour leur part que la nouvelle loi n’est qu’une demi-mesure. Ainsi, le vétéran Juraj Herz: "j’ai travaillé en France et en Allemagne, je suis membre de l’association des cinéastes allemands et je peux dire que dans ce qu’on appelle l’Europe de l’Ouest, l’Etat finance largement la production cinématographique ce qui, selon moi, pourrait aussi se produire ici en exerçant de fortes pressions sur le gouvernement…"

(Traduit de l'anglais)

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