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Compte rendu du premier Kuala Lumpur World Film Festival 2003

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- 50 films sur le thème de la non-violence au premier World Film Festival de Kuala Lumpur qui accueille producteurs, réalisateurs et acteurs venus de 38 pays.

Compte rendu du premier Kuala Lumpur World Film Festival 2003

50 films sur le thème de la non-violence au premier World Film Festival de Kuala Lumpur qui accueille producteurs, réalisateurs et acteurs venus de 38 pays.

Le cinéma du monde pour la paix

Le cinéma de la paix parle les langues de l’Europe et du Monde. Ouvert officiellement le 16 février dernier le premier World Film Festival de Kuala Lumpur, en Malaisie.
Une manifestation centrée sur la non-violence et la paix, vêtue des couleurs extraordinaires de l’Orient, qui veut être universellement écoutée. Un festival fortement voulu par le Premier Ministre, Mahathir Mohammed et organisé par le Ministère de l’Information Malésien, qui avec l’aide d’un groupe de 8 jeunes managers d’une entreprise privée, a réussi à recueillir en moins de 3 semaines l’adhésion (et la venue) de producteurs, réalisateurs et acteurs de 38 pays, avec l’intention de présenter au public plus de 50 films sur le thème de la non-violence.

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«J’ai pensé à la violence du monde et la place prépondérante qu'elle occuppe dans notre vie quotidienne» - a dit le Premier Ministre dans le discours d’ouverture du Festival - «J’ai pensé aux jeunes qui grandissent dans l’ombre des images de guerre et de cruauté. Et je me suis convaincu que seul le cinéma peut réellement transmettre un vrai sentiment de paix et promouvoir de nouvelles valeurs fondamentales de fraternité et non-discrimination».

Dans les jours immédiatement précédents au 13e sommet des Pays non-alignés (NAM), prévu à Kuala Lumpur du 20 au 25 février, le monde du cinéma et les ‘favorables à la paix’ se sont réunis pour soutenir à travers leurs films un nouveau et original hymne pacifiste.
Sous une extraordinaire pluie de feux d’artifices, le Premier Ministre malaisien a accueilli sur l’estrade, et remercié personnellement, les représentants de l’art cinématographique européens et mondiaux qui ont répondu avec sollicitude à son appel: l’Italie, soutenue avec enthousiasme par l’ambassadeur italien, Anacleto Felicani, qui a choisi de présenter Le métier des armes d’Ermanno Olmi; l’Espagne avec le documentaire sur les immigrés cubains à Miami, Balseros (Cuban Rafter); l’Allemagne avec le récit de la famille juive réfugiée en Afrique avant la Deuxième Guerre Mondiale (Nowhere in Africa [+lire aussi :
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) de Caroline Link. Et encore Hollande, Suisse, France, Bosnie, Hongrie, Albanie mais aussi Australie, Iran, Chine, Thaïlande, Inde, sans oublier la présence de l’Egypte, la Namibie et le Ghana.
Chacun représenté par son drapeau, tous soutenus par une aspiration commune.

La manifestation se clôturera le 18 février avec la cérémonie de remise des prix en présence du Roi de la Malaisie.

Un symposium contre la guerre

Après le discours sur la paix et la non-violence du Premier Ministre en ouverture du World Film Festival de Kuala Lumpur, l’argument a été une nouvelle fois affronté au cours du symposium organisé le 18 février.
A’ la présence des invités du festival et des professionnels de l’industrie cinématographique malaisiens et indiens, le Ministre de l’Information Tan Sri Khalil Yakoob a souligné l’importance d’un cinéma messager de bons sentiments liés au bien-être de l’Humanité, comme la fraternité et la non-discrimination.
«L’industrie du cinéma est l’une des plus importante au monde» - a affirmé le ministre - «elle assure du travail à des milliers de personnes et est considérée comme une forme d’Art riche et souvent inégalable. Et c’est pour cette raison que l’on doit assumer la responsabilité de soutenir et de diffuser les messages humanitaires les plus fondamentaux».

Une responsabilité nécessaire et fortement partagée par tous les participants, qui, en qualité de producteur, réalisateur ou distributeur ont contribué au dialogue. «Il est clair désormais que l’homme du 21e siècle ne peut être une nouvelle fois déçu» - a ajouté Manuchehr Mohammadi, producteur iranien du film qui a remporté le premier Prix avec Under the Moonlight. «J’ai vécu tout type d’expérience, depuis le racisme à la discrimination politique et raciale, de la pauvreté à la violence. L’art, et le cinéma en particulier, peut et doit se mettre au service de l’homme au nom d’une nouvelle dignité».

Cinéma comme image du monde et donc représentatif mais aussi et surtout éducatif. «La morale, l’éthique, jusqu’aux attitudes adoptées par les interprètes dans les films, sont imitées par le grand public» a ajouté Mahadi J. Murat, réalisateur malaisien gagnant du Prix pour la fraternité avec le film Sayang Salmah (My dear Salmah). «Ce pouvoir incroyablement persuasif du cinéma doit être utilisé avec une grande attention, en essayant d’éviter des scènes de violence et de sang utiles seulement à plus de spectacularisation».

Eliminer le superflus en restant malgré cela lucide, comme a voulu l’ajouter William Ethell réalisateur de théâtre et interprète du documentaire en compétition pour l’Australie, Voyage of the Peacemaker. «En tant qu’artistes nous avons le devoir d’être toujours honnêtes: nous ne pouvons pas nous dissocier de cette précise responsabilité qui signifie aussi la dénonciation. Montrer l’erreur produit inévitablement une nouvelle mais plus profonde conscience humaine».

«La faute n’est certainement pas à celui qui fait voir, mais à celui qui agit pour des raisons comme la conquête des pouvoirs économiques ou d’un pouvoir personnel» a conclut Benjamin Philipovic, réalisateur venu de la Bosnie Herzégovine. «La responsabilité de la guerre à Sarajevo n’a pas été des journalistes qui l’ont montrée à la télévision, comme la violence dans le monde n’est pas la faute des réalisateurs qui la racontent dans leurs films. Le cinéma montre simplement ce que nous vivons, les temps de la discrimination et de la désharmonie. Et bien qu’il ne puisse formellement arrêter les guerres dans le monde, je suis fermement convaincu que le cinéma peut être un extraordinaire promoteur de Paix».

Vince il cinema iraniano

Le cinéma iranien gagne en Malaisie. Au cours de la soirée organisée dans la Salle des Fêtes du plus luxueux Hotel de la ville (le Mandarin Oriental), Sa Majesté le Roi, Yang Di-Pertuan Agong XII a remis les précieux Perdana Awards de la première édition du Kuala Lumpur World Film Festival.
En confirmant des dons inégalables dans l’organisation de merveilleuses cérémonies, la Malaisie entre dans l’Olympe des cinématographies mondiales en promouvant le cinéma de la Paix et de la Fraternité.

Devancé de chevaux et dragons de papier et tissu, le Premier Prix pour le meilleur film a été assigné à l’Iran pour Under the Moonlight de Reza Mir Karimi, déjà gagnant du prix de la critique à Cannes en 2001. Le second et troisième prix ont été remis à deux films européens: l’autrichien Born in Absurdistan de l’iranien Houchang Allahyari (1999), et l’allemand Nowhere in Africa [+lire aussi :
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de Caroline Link, qui en plus des nombreux prix nationaux vante la nomination aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger.

Le Prix pour la Paix a été remporté par le français La Grande Illusion de Jean Renoir (1937) alors que celui pour l’Humanité par le malaisien Sayang Salmah - My dear Salmah (1999) de Mahadi J. Murat.

Parmi les gagnants, même si non formellement primé, on compte aussi l’italien Ermanno Olmi, avec son Le Métier des armes qui a été présenté au public malaisien lors des screenings organisés le 17 et 18 février dans les deux multiplex de la ville. Le film italien a conquis l’enthousiasme de l’ambassadeur italien en Malaisie, qui a souligné son intention de l’ajouter à son ample collection de chefs-d’œuvre de la cinématographie italienne (250 films et vidéos sur les villes d’art, tous sous-titrés en anglais) à disposition de tous les étudiants des écoles et des Universités de Kuala Lumpur et du public intéressé par le cinéma italien.

Le premier festival de la capitale malaisienne s’est ainsi clôt, dans les danses et les chants traditionnels, avec la promesse d’une édition encore plus riche, aux dires du Roi Agung XII et du Premier Ministre.

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